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Archives pour 09/2009

Ode montréalais au useless knowledge

Article publié le Mardi, 15 septembre 2009

Ce post est complètement hors sujet ce matin, mais ça fait des semaines que ça me brûle le clavier. Cette année, on a installé au coin de la rue, à deux pas de chez Bang, un affichage électronique high-tech qui indique combien de places de stationnement il reste dans le Vieux-Montréal et dans le Vieux-Port.  On appelle ça un système de jalonnement dynamique, j’ai fait ma recherche.

Le jalonnement dynamique à Montréal

Le jalonnement dynamique à Montréal

Cette merveille technologique nous indique donc qu’il y a toujours vraiment beaucoup de places de stationnement dans le Vieux-Montréal. VRAIMENT BEAUCOUP. En fait, je ne l’ai jamais vue afficher moins de 300 places. Dans le Vieux-Port, c’est encore mieux, il y a toujours AU MOINS 1000 places.

Alors là, il faut qu’on m’explique. Ce truc a coûté 1,5 million de dollars. Pour nous dire qu’on est vraiment fous de tourner autour du carré d’Youville pendant deux heures en cherchant du parking… En suivant les flèches, on découvre d’autres pancartes, mais franchement, ce n’est jamais vraiment clair. J’aimerais vraiment savoir si les touristes y comprennent quelque chose…

Quatre questions me viennent à l’esprit :

1- Pourquoi indiquer combien de places de stationnement il reste dans le quartier s’il reste toujours des centaines, voire des milliers de places?

2- Elles sont où ces places!!!!!? Nos clients se plaignent continuellement de l’impossibilité de stationner autour du bureau.

3- Pourquoi on ne peut pas savoir combien de personnes sont devant nous quand ça fait quatre heures qu’on attend à la clinique, mais qu’on peut savoir en temps réel le nombre de places de stationnement dans le Vieux-Montréal peu importe le jour ou l’heure?

4- Mais on a donc bien de l’argent à Montréal!!!!! (Ok ce n’est pas une question, c’est un commentaire…)

C’est le plus beau monument au useless knowledge que j’ai eu la chance de voir dans ma jeune existence. Comme on est fiers que nos taxes servent à célébrer l’absurdité de notre monde moderne. Et à tous les chercheurs de parking au centre-ville, venez faire un tour dans l’vieux, on a juste ça, du stationnement!!!

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Rêver Montréal: l’avenir passe par le design

Article publié le Lundi, 14 septembre 2009

Ce samedi, La Presse publiait un dossier spécial sur les rêves que les Montréalais entretiennent pour leur ville. Selon le jury rassemblé par le quotidien, peu de projets d’envergure ont été proposés et surtout, peu de projets dont les retombées économiques pourraient enrichir la métropole. En fait, même si les membres du jury saluent quelques initiatives, on dirait qu’ils ont du mal à cacher leur déception.

Alors ces suggestions? Elles tournent beaucoup autour de l’embellissement de la ville et de l’affirmation de Montréal comme ville de créativité et de design (on ne le dit pas clairement, mais c’est ce que ça veut dire). Peinturer les ponts de couleurs vives, les portes des maisons, les taxis… On rêve d’un Montréal-SICO… mais aussi d’une ville qui se démarquerait par l’édification d’un immeuble-phare,  la transformation du Stade olympique, l’aménagement de belles places publiques et de fontaines…

Le pont jaune de Cincinnati... une inspiration pour Montréal?

Le pont jaune de Cincinnati... une inspiration pour Montréal?

En bref, on veut que ça looke! Est-ce vraiment incompatible avec le fait de faire sonner la caisse?  Je trouve pour ma part qu’il est grand temps qu’on réalise que le design sous toutes ses formes contribue à renforcer la marque de Montréal.  Une ville plus attirante ne perd pas ses citoyens les plus riches au profit des banlieues. Elle attire les touristes. Elle renforce notre compétitivité face aux autres métropoles.

La ville regorge de créateurs de talent.  Mais on a longtemps pensé que la population n’appuyait pas cette idée d’investir dans la beauté et dans l’innovation visuelle. En bref, le milieu branché a longtemps méprisé la masse inculte qui tripe sur les maisons Drummond en vinyle, la mode made in China et les meubles prêts-à-jeter du Brault et Martineau. Cependant, il me semble encourageant de voir des citoyens réclamer davantage de beauté pour Montréal. Il faut collectivement participer à faire avancer ces idées durant la campagne électorale qui s’amorce.

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Croisade contre l’annuaire Pages jaunes: la marque en souffrira

Article publié le Mercredi, 9 septembre 2009

On a tous nos petites obsessions écologico-médiatique. Pour vous, c’est peut-être le Publi-sac, le catalogue Ikea ou le journal Métro. Pour d’autres, ce sont les annuaires et plus précisément les Pages Jaunes.  Ça fait quelques années que ça dure, mouvance verte oblige. Sauf que cette année, Facebook, Twitter et autres gadgets du web nouveau amplifient le phénomène. Et c’est tant mieux.

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Un groupe anti-Pages Jaunes s’est donc formé sur Facebook. En fait, il y a des groupes semblables partout dans le monde. J’ai reçu une invitationà y adhérer lundi.  Hier, au TJ de Radio-Can, on présentait déjà un reportage sur le sujet. Les membres du groupe québécois prévoient même une manifestation publique… Une crise que les responsables du Groupe Pages Jaunes tentent désespérément de contenir sur Facebook avec des messages génériques. Du dammage control aux allures pathétiques. Voici un extrait d’un échange entre le directeur des communications et un membre du groupe qui prône  l’application du «Permission Marketing» au modèle des annuaires.

Pages Jaunes:
Bonjour, Nous sommes désolés que malgré votre demande de retrait de la liste de distribution en septembre 2008, vous ayez tout de même reçu votre annuaire Pages Jaunes. Il est possible que certaines données aient été omises lors du transfert entre l’ancien système et le nouveau Programme de distribution personnalisée. Le choix de vous retirer de la liste de distribution est valide pour une période de 2 ans et s’applique à votre adresse et numéro de téléphone. Comme certaines personnes déménagent ou on des besoins qui évoluent, nous préférons offrir le choix à nos clients de se réinscrire au programme. Si vous désirez obtenir plus de renseignements à ce sujet, n’hésitez pas à communiquer avec nous à info@ypg.com ou visitez notre page Web Engagement environnemental. Vous pouvez aussi nous suivre sur Twitter.com/PagesJaunes_ca

Au plaisir,

Groupe Pages Jaunes
Carlos Carpio, Directeur, site Web et communications de l’entreprise

Membre du Groupe:
M. Carpio, une liste d’exemption ça ne marche pas, le gars qui distribue les annuaires n’en a rien à faire que je sois sur la liste ou pas, c’est moins long pour lui de les passer partout. La seule solution réellement viable c’est de mettre en place une liste de livraison des annuaires, si vous voulez un annuaire inscrivez-vous, c’est gratuit et facile. Cette nouvelle politique vous donnerait un capital de sympathie hors du commun. Nous aimons tous les pages jaunes, c’est un outil vraiment très important, mais la version internet est suffisante débarrassez nous de la version imprimée!

Et je vous fais grâce de toutes les photos qui démontrent l’inefficacité de la politique mise en place par l’entreprise: des tonnes d’annuaires au recyclage, des annuaires dans des boîtes aux lettres où apparait le sigle «pas de circulaire», et j’en passe.  Alors clairement ici, c’est Facebook : 1, Pages Jaunes : 0.
Ce qui est irritant pour Pages Jaunes, c’est que cette saga met en lumière des évidences que le consommateur, dans sa grande sagesse, nous rappelle à la mémoire:
1. En 2009, c’est difficile de justifier de rentrer un produit dans la gorge de sa cible.  Nous sommes à l’ère du JE DÉCIDE ce que JE VEUX LIRE, CONSOMMER, REGARDER, etc.
2. Les aberrations écologiques font sursauter.  On voudrait engager le gars du gros bon sens de Nissan et l’envoyer au conseil d’administration de Pages Jaunes.  «Allo, les mecs.  Laissez tomber votre version imprimée, on a le web maintenant».  Votre site web est nul?  Google est plus performant?  Bing vous clenche?  Ah ben là. Merde.
3. Ça ne sert à rien de s’associer avec la gang de la politically correctness afin de cautionner vos pratiques d’affaires. Je fais ici référence au guide des pratiques écolo que l’entreprise a sorti en collaboration avec Équiterre. Les citoyens sont capables de relever les contradictions et de vous les recracher en pleine face.
C’est donc un épisode douloureux pour Pages Jaunes, surtout que l’annuaire imprimé est indissociable du nom même de l’entreprise. Quelle mauvaise publicité! La marque en souffrira d’autant plus que pour la majorité des gens, Pages Jaunes n’est qu’un annuaire. Si on lui associe, année après année, des épithètes comme inutile, polluant, vieillot, antiquité ou irresponsable, cette marque solide (soyons honnête, historiquement, Pages Jaunes était une marque de confiance, reconnue et appréciée) pourrait devenir un boulet commercial dans les marchés où la résistance s’organise. Et à partir de là, bonne chance.

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