Rêver Montréal: l’avenir passe par le design
Ce samedi, La Presse publiait un dossier spécial sur les rêves que les Montréalais entretiennent pour leur ville. Selon le jury rassemblé par le quotidien, peu de projets d’envergure ont été proposés et surtout, peu de projets dont les retombées économiques pourraient enrichir la métropole. En fait, même si les membres du jury saluent quelques initiatives, on dirait qu’ils ont du mal à cacher leur déception.
Alors ces suggestions? Elles tournent beaucoup autour de l’embellissement de la ville et de l’affirmation de Montréal comme ville de créativité et de design (on ne le dit pas clairement, mais c’est ce que ça veut dire). Peinturer les ponts de couleurs vives, les portes des maisons, les taxis… On rêve d’un Montréal-SICO… mais aussi d’une ville qui se démarquerait par l’édification d’un immeuble-phare, la transformation du Stade olympique, l’aménagement de belles places publiques et de fontaines…

Le pont jaune de Cincinnati... une inspiration pour Montréal?
En bref, on veut que ça looke! Est-ce vraiment incompatible avec le fait de faire sonner la caisse? Je trouve pour ma part qu’il est grand temps qu’on réalise que le design sous toutes ses formes contribue à renforcer la marque de Montréal. Une ville plus attirante ne perd pas ses citoyens les plus riches au profit des banlieues. Elle attire les touristes. Elle renforce notre compétitivité face aux autres métropoles.
La ville regorge de créateurs de talent. Mais on a longtemps pensé que la population n’appuyait pas cette idée d’investir dans la beauté et dans l’innovation visuelle. En bref, le milieu branché a longtemps méprisé la masse inculte qui tripe sur les maisons Drummond en vinyle, la mode made in China et les meubles prêts-à-jeter du Brault et Martineau. Cependant, il me semble encourageant de voir des citoyens réclamer davantage de beauté pour Montréal. Il faut collectivement participer à faire avancer ces idées durant la campagne électorale qui s’amorce.


Habitante en dilettante de Montréal depuis environ 2 ans, ce débat me rappelle un fait historique qui m’a toujours fasciné… nous sommes à Bâle, ville suisse située à la frontière française, fin des années 60. Sous l’impulsion d’un collectionneur et marchand d’art contemporain de l’époque (Hans Beyeler), les pouvoirs publics de la ville décident de l’embellir en y exposant ici et là diverses oeuvres d’art.
Jugeant cette décision trop importante pour être prise sans en consulter les habitants, la ville organise un référendum pour décider de l’achat éventuel de 2 statues de Picasso. Référendum organisé, les oeuvres sont acquises et ouvrent la voie à une longue tradition, qui place aujourd’hui Bâle dans le peleton de tête des lieux reconnus pour leur excellence en matière d’art contemporain: la célèbre foire Art Basel attire les plus grands collectionneurs et galeristes et s’exporte même aux Etats-Unis. Hans Beyeler a ouvert une fondation rassemblant son unique collection d’oeuvres primitives et modernes; le musée de la ville s’offre de magistrales expos (Van Gogh actuellement à l’honneur)… autant d’activités qui drainent un dynamisme économique et culturel raffraichissant et si porteur, pour une cité traditionnellement ancrée dans l’industrie lourde… à méditer!!!
La voici la solution pour l’avenir du Stade : http://www.youtube.com/watch?v=YHUt8th166c