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Archives pour la catégorie ‘Stratégie marketing’

Avez-vous votre passe de saison pour MarineLand?

Article publié le Lundi, 28 juin 2010

Je ne suis abonnée à aucun quotidien depuis des années. Je ne croyais pas que ça m’arriverait un jour, mais j’ai complètement arrêter de lire les journaux. Le problème en est un de redondance : les nouvelles de la veille, je les connais déjà par coeur et je lis les chroniqueurs sur le web.

Il arrive que je sois cependant prise d’un élan de nostalgie incontrôlable et que j’achète La Presse du samedi (ça vous arrive aussi?). C’est ce que j’ai fait la semaine dernière. Je suis passée à travers en quinze minutes. Heureusement, il y avait des insertions publicitaires. En plus d’un bulletin spécial de Shell sur l’environnement (Notez qu’ils viennent de congédier 550 employés à Montréal et qu’ils gardent un pied à terre ici pour ne pas être forcés de décontaminer le site, mais qu’ils publient un torchon de total greenwashing à grands frais dans les journaux… j’ai mal au coeur), il y avait aussi une horrible brochure de MarineLand.

Vous connaissez ce parc d’attractions de Niagara Falls? Je n’ai jamais mis les pieds là, mais chaque année, les patrons de cet attrape-touristes dépensent des sommes folles à la télé et dans les journaux pour nous convaincre de venir admirer des morses et des épaulards qui sautent dans des bassins. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été fascinée de constater que cette entreprise investisse autant d’argent en promotion, mais en utilisant des vieilles photos des années quatre-vingt où la petite famille slomo ontarienne semble s’ennuyer à mourir autour d’une table de pique-nique délavée ou d’une petite piscine digne du plus crado des motels de bord d’autoroute.

Mais il y a pire. En première page de la brochure, on peut lire : « Une carte-saison pour seulement 5 $ ». C’est pas un peu loin pour prendre une passe de saison? Soupir. Et si vous vous demandez comment vous rendre là, car vous ne pouvez plus attendre, sachez que de Toronto, il faut suivre le Q.E.W. (?!?!) Fort Erie jusqu’à la sortie McLeod Rd. Aucune indication en provenance de Montréal… CAR ILS N’ONT QUE TRADUIT LITTÉRALEMENT LA BROCHURE ONTARIENNE!!! Je suis découragée. Et on nous envoie ça la semaine de la St-Jean. So much pour la sensibilité québécoise. Je ne veux pas faire de politique ici, mais juste du point de vue marketing, on repassera.

J’espère que lorsque vous faites des offensives aux États-Unis ou dans le ROC, vous ne prenez pas exemple sur MarineLand. Ce qui nous apparaît localement comme des aberrations peut ne pas être si évident du point de vue de l’annonceur. Chaque marché est différent et pour être efficace, mieux vaut être pertinent!

Bonne semaine!

Stéphanie

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Bud Light Lime : pénurie ou complot ?

Article publié le Lundi, 27 juillet 2009

Le magazine Protégez-vous m’a téléphoné vendredi dernier afin d’avoir mon opinion sur la « crise » de la Bud Light Lime qui sévit au Québec depuis le début de l’été.  En effet, la campagne de publicité aggressive déployée par Labatt depuis quelques semaines aurait généré une demande incontrôlable au point de créer une pénurie de la nouvelle marque de bière dans plusieurs commerces.  Il n’en fallait pas plus pour que plusieurs crient au complot!  C’était évidemment arrangé d’avance, l’entreprise et la méchante agence de pub ont artificiellement réduit les stocks pour créer une hystérie collective autour de la nouvelle bière de l’été. Comment expliquer autrement qu’il se consomme autant de cette fausse Corona alors qu’il fait gris et qu’on déprime à l’intérieur? Impossible.

Bud Light Lime

Bud Light Lime

Désolée de ramener tout le monde sur terre, mais je ne crois absolument pas à la théorie du magouillage marketing à la Bixi dans cette affaire. Soyons sérieux.  La pénurie dure depuis plusieurs semaines et les perspectives de vendre une bière franchement estivale en plein mois de décembre sont ordinaires. Pourquoi Labatt accepterait-elle consciemment de perdre des ventes en plein coeur du mois de juillet?  Il est fort plus probable que la version officielle de l’entreprise soit exactement la bonne, à savoir une sous-estimation de la demande pour le produit, conjuguée à une incapacité de produire en plus grande quantité dans des bouteilles transparentes (voir les détail sur l’article ci-haut linké).

La pénurie n’a pas empêché les fans de ce type de bière d’embarquer dans le train, mais il y a une limite que l’entreprise ne doit pas franchir. Sinon, gare au désintérêt.

Lu sur la page Facebook de la Bud Light Lime (désolée pour la qualité du français…) :

- Vraiement, cette bière est extremement désaltérante mais dure à trouver en sibole … Aprés 5 dépanneurs un gars se tanne !!!

- tres bonne biere mais n en trouve plus nul pars!!!!!

- super bonne , pas trouvable en dépaneur pourtant je suis de quebec…

Mais bon, la majorité des posts sont extrêmement positifs et la bière compte maintenant plus de 28 500 fans au Québec. C’est tout un succès. La version « canette » devrait régler le problème de pénurie pour l’instant et sustenter les buveurs qui semblent déjà accros au produit.

Mais le vrai scandale n’est-il pas que tant de gens aiment la bière fade et sucrée ? You tell me. Je vais aller m’en réserver une après le boulot.  On s’en reparle.

Dans l’intervalle, voici la pub américaine lancée l’an passé. C’est dans l’air du temps.

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