Québec se paie une psychanalyse!
Mise à jour 08/02/2010
À la suite de nombreux commentaires sur ce post, je tiens à clarifier ma pensée car plusieurs personnes ont lu dans mes propos une montée de lait contre le fait d’engager des consultants internationaux. Ce serait donc moi la chauvine… Hum. Soyons clairs, je pense qu’au-delà des étiquettes, se cache une réalité pas mal moins légère. Ce mandat est en fait un défi très intéressant et le fait que les agences québécoises n’aient pas pu «se battre» à travers un processus compétitif est le véritable problème. Peut-être qu’à la fin de la journée, M. Rapaille aurait été le seul prêt à répondre aux exigences de Québec. J’en doute, mais le fait de systématiquement aller à l’international pour trouver un consultant en rejetant du revers de la main la possibilité de mettre à profit le talent local m’apparaît surréaliste. Ce surréalisme a été amplifié par le choix même du consultant. Je ne crois pas être la seule qui se pinçait en écoutant la conférence de presse… De là mes propos un peu caustiques…

http://lejournaldequebec.canoe.ca/journaldequebec/actualites/regional/archives/2010/02/20100209-215212.html
C’est donc un psychanalyste français qui sera en charge de la nouvelle image de marque de la ville de Québec. Misère.
Les honoraires ayant été dévoilés publiquement, une conseillère indépendante a demandé en conférence de presse : « Y’auras-tu juste un slogan pour 300 000 piasses ou un logo et d’autres éléments avec ça? » Cette question profonde a été suivie de la non moins profonde réaction du président du conseil de l’Office de tourisme de Québec : « Si nous avions donné le mandat à une agence de publicité, la facture aurait probablement été plus élevée. »
Je rêve.
Chaque fois qu’on parle de branding au Québec, c’est la même histoire. QUOI? Cinq cent mille « piasses » pour un logo? Êtes-vous malade mental?! Rappelez-vous du rebranding de la ville de Longueuil ou, plus récemment, du fameux « M » du Montréal métropolitain… Faut-il rappeler à chaque fois qu’on entreprend une refonte d’image de marque que la démarche, le positionnement, le brand, les normes, la campagne et les outils, c’est beaucoup plus qu’un simple logo?
Pour moi, la question n’a rien à voir avec les honoraires. Si Québec avait voulu faire de véritables économies, elle serait allée du côté de nos amis de 99Designs, le site de crowdsourcing à 5 cennes qui a créé une petite polémique à la suite du lancement du nouveau logo de SouthShore Furniture… Ça, c’est de l’économie madame…
Le véritable enjeu, c’est plutôt le choix du consultant. Pourquoi aller chercher un psy français pour nous dire qu’il faudrait arrêter de parler de Québec en termes de « Vieille Capitale »? À ce que je sache, il y a encore beaucoup de Français qui pensent qu’on est entouré d’Amérindiens et qu’on porte des manteaux en peau de phoque. Il y avait assez de talent et de créativité au Québec pour réaliser ce mandat. C’est une mentalité de colonisé de s’en remettre aux cousins pour relever ce défi, comme si on n’avait pas, chez nous, les compétences nécessaires. Est-ce l’éternel chauvinisme de Québec qui a poussé ses politiciens à ne pas embaucher une agence de Montréal? Un Français, ça passe. Mais une gang de Montréal, jamais!
On ne saura jamais le fond de l’histoire et il paraît que Régis Labeaume est en pâmoison devant M. Rapaille… Il reste que le meilleur moyen de créer l’unanimité contre un projet de ce type est encore d’en confier les rennes à un psychanalyste franchouillard. Son slogan est mieux d’être bon et la nouvelle image est mieux d’être belle! Il n’est pas question que Québec devienne le PT Cruiser du patrimoine mondial de l’Unesco!










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